Après plusieurs mois de silence, me voici de nouveau, encore en pleine réflection, mais avec des idées qui commencent à faire surface.
J’avais décidé de tout clôturer, comme si ce site n’avait jamais existé. Puis je me suis dit que ce serait dommage d’effacer des décennies d’écriture, j’ai donc opté pour la conservation de cet espace virtuel, à mon rythme, le rythme de l’automne du Québec.

Il y a des virages qui ne se commandent pas. Ils s’imposent à nous avec la force de l’évidence, murmurant qu’il est temps de tourner la page, de faire silence, et de laisser la poussière retomber.
Avant de pouvoir amorcer ce nouveau chapitre, j’ai dû traverser une étape essentielle : celle du deuil. Faire ses adieux à ce qui a été, accepter la rupture avec un passé riche mais révolu, et surtout, métaboliser un changement radical. Quand la vie vous déplace, elle ne déplace pas seulement vos valises ; elle secoue chaque certitude, chaque repère, chaque morceau de votre identité parfois déjà fragile et amorcée en mille morceaux.
Créer de nouvelles racines en terre d’accueil

Le Québec m’a adoptée. Avec sa rudesse lumineuse, ses hivers qui exigent qu’on se blottisse au cœur de l’essentiel et sa nature enveloppante, cette terre m’a offert un espace pour respirer à nouveau. Mais s’enraciner quelque part, ce n’est pas oublier d’où l’on vient. C’est un acte de patience et de courage. C’est tisser de nouveaux fils invisibles dans le sol d’une terre d’adoption, tout en veillant à ce que les anciens ne rompent pas.
Pendant un temps, j’ai eu besoin de silence. Le temps de laisser ces nouvelles racines puiser l’eau nécessaire pour grandir droit.
Citoyenne du monde, ancrée ici

Aujourd’hui, l’envie d’écrire me revient petit à petit, vibrante et renouvelée. Mais je ne reviens pas exactement la même. Ce blog, qui a suivi mes pérégrinations vinicoles, prend aujourd’hui une nouvelle couleur.
Je reprends la plume pour parler également d’ici. Pour observer, décrypter et célébrer ce Pays, le Canada qui m’a accueillie, avec ses contrastes, sa beauté, sa culture et ses nuances.
Est-ce à dire que j’ai tourné le dos au reste de mon univers ? Jamais.
Mon cœur bat toujours au rythme des terres qui m’ont façonnée. Comment pourrais-je oublier l’Italie, cette première terre qui m’a adoptée, m’a légué sa merveilleuse langue et a sculpté pour toujours mon goût absolu pour la beauté et l’art de vivre ? Et comment ne pas évoquer Paris, éternelle source d’élégance et de bouillonnement, ainsi que le Liban, terre de feu, de mémoire et de résilience, que je porte inlassablement en moi, sans oublier l’Egypte qui coule également dans mes veines . Ces passions-là ne s’éteignent pas ; elles dialoguent.
Et puis toujours le vin, l’art de vivre, les voyages et … les tarots de Marseille !
Du Québec, je continuerai de regarder le monde. Car au fond, quoi que dise la géographie, je reste et resterai toujours une citoyenne du monde, une nomade de l’esprit dont le port d’attache est aujourd’hui ici, entre les grands espaces et la poésie du quotidien.
Bienvenue dans cette nouvelle saison d’écriture. Que la route continue.

