Raymond Depardon & Beyrouth: de la couleur…au noir et blanc.

Le 10 février dernier s’est clôturé au Grand Palais à Paris une rétrospective consacrée à Raymond Depardon, grand photo-reporter français de la seconde moitié du XXème siècle. Parmi une sélection de clichés en couleur prises pendant plus de 50 ans autour du globe, on y retrouvait en particulier une série dédiée à la capitale libanaise…

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Raymond Depardon a entretenu tout au long de sa carrière une relation très spéciale avec la ville de Beyrouth, qu’il a connu pour la première fois en 1965, avant la guerre civile, alors qu’il avait à peine 23 ans. Beyrouth était encore surnommée à cette époque “le nouveau Saint Tropez en Méditerranée”. Il tombe immédiatement sous le charme de ce mélange de populations, de leur gentillesse, leur tolérance, la langue française, ses souks, son architecture. Tout était trop beau pour durer, mais il ne le savait pas encore…

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13 ans plus tard, Raymond Depardon a 36 ans, il vient de rentrer à l’agence Magnum (Paris) quand Rolf Gilhausen, directeur artistique du magazine allemand Stern, lui commande un reportage en couleur sur la situation à Beyrouth. Le Liban est à présent un pays en guerre. Il faut offrir aux lecteurs occidentaux ce qu’ils attendent de la guerre civile: des images de voitures criblées de balles, des combattants en action, des jeunes filles libanaises à la plage, des Palestiniens dans des camps sinistres. Le journal Stern en publia 16 pages couleur. Ce fut un succès!

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Quelques mois plus tard, Raymond Depardon revient sur les “lieux du crime” suite à une désillusion sentimentale. La lumière et l’humeur avait changé, les photos sont en noir et blanc. Il resta 10 jours aux cotés des combattants phalangistes dans le centre-ville de Beyrouth, devenu un nomansland. 10 jours de bureaux vides, de tireurs embusqués et de caves.

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En juin 91, la fondation Hariri propose à Raymond Depardon de revenir à Beyrouth, pour photographier le centre-ville qui va être profondément modifié et reconstruit. La guerre est finie, dernier instantané du passé avant qu’une nouvelle page de l’histoire libanaise ne s’ouvre.

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Il faudra revenir voir le nouveau Beyrouth.